Paris Paris, ville lumière, ville des arts, mais surtout ville de misère. On entend souvent dire que les inégalités sont aujourd’hui plus fortes que du temps de la Révolution française. Cependant, ceux qui savent cela appartiennent déjà à la classe haute.
Après trois heures de retard et un cookie en guise de dédommagement, j’arrivai à Paris et commencai, pour ne pas changer, mon travail. Le soir, j’étais invité à dîner : pas question d’arriver en retard, cela ne se reproduirait pas pendant mon voyage. J’avais été invité par des amis de passage à Paris. Je pense que ce fut le meilleur dîner que j’ai pu avoir durant mon voyage. Les adieux furent aussi difficiles que d’expliquer le sens de mon périple. Quelle chance.
Le lendemain, je me levai pour continuer ma visite. Objectif : banlieue. Je me dirigeai vers le quartier qui me correspondrait : Barbès-Rochechouart, un quartier à forte population maghrébine. La sensation est vraiment indescriptible. Les odeurs sont puissantes, ça sent les épices, le Ras el-hanout, mais, étant proche du métro, ça sent aussi l’urine. Les bruits sont intenses, on entend beaucoup de langues à voix haute.
Cependant, j’avais peur. Me balader dans une banlieue avec une caméra au prix du SMIC, dans la France à Macron, n’est pas l’idée la plus intelligente. J’avance, les trottoirs sont bondés. On s’agglutine. Je vois des jeunes embêter deux jeunes agents de police. Le monde à l’envers. Beaucoup me regardent, et je ne sais pas comment le prendre. Je ne m’éternise pas et dès que j’aperçois un arrêt de métro, je file.
Le quartier d’à côté, Montmartre, n’est pas moins calme, juste différent. Une masse de touristes monte pour voir la basilique du Sacré-Cœur. En même temps, je retrouve les mêmes gens d’avant qui m’appellent « sexy boy » et me vendent des maquettes de la Tour Eiffel pour « ten euro only for you ». Sympathique.
L’après-midi, je me rends au cimetière du Père-Lachaise, un cimetière des martyrs de la célébrité. On y enterre seulement les personnalités ou les grandes familles. Même après la mort, on n’est pas égal. Il y a des petites sépultures et de véritables maisons. Allons-nous au paradis plus vite avec une tombe de quatre mètres de large ? Je suis allé voir quelques tombes précises pour, en quelque sorte, recevoir leur bénédiction : Guillaume Apollinaire, Frédéric Chopin, Jean-Baptiste Poquelin, etc.
Paris est superficiel. On met les immigrés dans un coin de la ville, les riches à l’opposé, puis on fait un dégradé. Même si le système est hérité du XIXᵉ siècle, il est toujours là.