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Rabat

Je rejoignis ma famille à l’avenue Hassan, près du mausolée de Mohamed V. Nous nous rendîmes directement à la gare ferroviaire et prîmes le train Al Atlas, qui relie les grandes villes marocaines. Le trajet était long, le train n’allant pas très vite. On traversa des champs à perte de vue et passait parfois dans des villages reculés. Les trains au Maroc étaient les mêmes que les anciens trains à compartiments français. Ils avaient été revendus au Maroc, mais honnêtement, c’était plus un acte de recyclage qu’un geste de générosité. Au moins, c’était idéal pour faire des rencontres.

Dans mon compartiment, à part ma sœur et ma mère, il y avait un homme dans un coin qui lisait son journal pendant tout le trajet. À côté, toute une famille était également présente : la grand-mère, la mère, la fille et la petite fille. Elles étaient habillées très différemment de ce que l’on verrait en Occident. Les deux aînées portaient chacune un voile ample qui couvrait tout leur corps. La fille était en djellaba, une robe colorée qui descendait jusqu’aux chevilles, mais sans voile. La petite-fille était dans sa poussette, vêtue d’un jogging et d’un pull Dora l’Exploratrice.

Ma mère entama la discussion avec elles. Il s’avéra que la fille avait une grave maladie nerveuse et qu’elles rentraient d’un rendez-vous chez le médecin. Dernière fois que je me plaindrais du long trajet. Nous arrivâmes finalement à Meknès.

Ma mère me raconta une habitude de ses années étudiantes, lorsqu’elle faisait la navette entre Rabat et Meknès, la ville où elle habitait. À l’arrivée à une gare, ses camarades masculins ouvraient toujours les portes alors que le train était encore en approche, prétendant que c’était pour s’aérer.