En 2025, le Conseil national suisse refuse le nouveau budget pour la subvention du train de nuit qui aurait pu relier Bâle SBB à Malmö, en Suède. Les UDC justifiaient cette dépense comme inutile, car, je cite : « Ne pensez-vous pas qu’il s’agit de mettre 10 millions pour aller voir les belles blondes en Suède ? Ce n’est pas beaucoup d’argent pour le contribuable. »
J’arrive à l’aéroport de Stockholm-Arlanda à 00h20 et à la gare Stockholm C à 1h24. C’est la première fois que je ne comprends rien. Où sont les belles blondes pour me guider vers mon hôtel ?
Je finis enfin par comprendre leur système de tarification et prends un bus pour rejoindre mon hostel. Lors de mon trajet, je rencontre enfin les fameuses blondes. La première, complètement bourrée, crie au chauffeur alors que celui-ci lui demande simplement de valider son ticket. La deuxième et la troisième, je les croise à la quatrième station : deux messieurs les accompagnaient pour rejoindre le bus, pendant que la troisième, pieds nus, vomissait, et la deuxième, pieds nus également, lui tenait les cheveux. J’imagine leur soirée bien arrosée qui les a menées à ce banc, et la gentillesse de leurs compagnons. C’est froid.
J’aime bien Stockholm : les cinnamon rolls, Ikea, et leur lait d’avoine. Je pense que je pourrais y vivre quelque temps. Mais il me reste quand même ce sentiment qu’au fond, je ne serai jamais vraiment accepté. Les gens ici suivent un schéma typique : le Suédois par défaut. J’espère que ce n’est qu’une impression.